Surpoids et survie: Non au régime!

On a trop vite fait de réduire systématiquement le surpoids à l'alimentation, et d'en restreindre ainsi le champ thérapeutique. Certes, l'alimentation est au coeur du problème, mais n'en a pas l'exclusivité.

Le problème de surpoids est en effet multifactoriel (y compris dans la différence biologique hommes et femmes), car en plus des troubles alimentaires, viennent se surajouter les facteurs d'hérédité, de métabolisme, de l'histoire de chacun, mais aussi de programmes archaïques de survie. Le danger de réduire le surpoids à l'alimentation est de donner cette équation: problème de poids = régime restrictif.
Combien de jeunes filles notamment, ont commencé par des régimes pour perdre quelques kilos sans savoir qu'elles déclenchaient cette boucle infernale: restriction de nourriture = stockage des graisses. Je me prive et donc je me prépare à stocker des réserves comme pour faire face à une famine; sans compter que la privation entraîne des désirs compulsifs. Finalement, je provoque ce que je crains le plus. A méditer....
 

Comme le dit très justement Dany Dan Debeix à propos de la perte de poids: "que faites-vous lorsque vous perdez vos clés? Vous les cherchez et la plupart du temps, vous les retrouvez! C'est la même chose pour le poids; qui perd, retrouve, avec en plus des intérêts revus à une hausse toujours exponentielle, car le cerveau n'aime pas le vide. Préférez le terme mincir, gagner en finesse et en légèreté, plutôt qu'à toute notion de perte de poids." 

Dame nature et la survie

J'ajouterai que la programmation de la survie reste la première préoccupation de notre cerveau. S'entend notre cerveau reptilien, le plus primaire dans son apparition au cours de l'évolution des espèces. Il assure la satisfaction de nos besoins fondamentaux au travers de comportements très archaïques et inconscients, visant également à conserverl'équilibre homéostasique de notre système vivant. Nous verrons au travers de ces programmes archaïques en quoi le surpoids (ou sous poids) est une solution du cerveau reptilien, et que restreindre n'a pas d'effet sinon à renforcer et réactiver le dit programme.

Je m'en explique: qui dit survie dit adaptation à son environnement, défense du territoire, protection au sein du clan, accouplement et reproduction, recherche de nourriture avec parfois selon la saison et l'environnement plus ou moins hostile, obligation de stocker des graisses. C'est ainsi que plusieurs stratégies de survie nous sont très reconnaissables chez nos amis les bêtes, comme dissuader les prédateurs en les impressionnant, fuir au plus vite ou disparaître en se fondant au décor. 
 

Dame Nature est formidablement bien équipée pour cela. Voici quelques exemples illustrés de défense du territoire et de protection vitale face aux prédateurs.

S'adapter et survivre dans un environnement hostile, exigent une robustesse et une endurance à toute épreuve; citons le Yack en Himalaya, animal robuste et puissant, à la longue toison épaisse le protégeant du froid et des intempéries, pour ne pas parler du chameau dans le désert, des rennes dans la Toundra, des phoques et de leur précieuse graisse...

 

Sélection, séduction et parades amoureuses répondent à des besoins différents chez le mâle et la femelle. Cette sélection permet une reproduction efficace et vitale à la survie de chaque espèce. Chez le mâle, la survie le pousse à féconder le plus grand nombre de femelles; ces dernières, quant à elles, vont repérer le mâle le plus robuste et le plus protecteur pour leurs petits. Le mâle n'a plus qu'à gonfler son poitrail, ou à faire la roue, les femelles à paraître le plus fertile possible. 

Et les humains dans tout ça?

Etre humain oui, mais être biologique toujours, visant à se maintenir en vie. Pour cela et selon le professeur Henri Laborit: "un être humain est une mémoire qui communique et agit". Pour évoluer, nous avons obligatoirement dû mémoriser tous ces programmes archaïques de survie, et nous devons toujours nous nourrir, nous reproduire, nous déplacer pour conquérir de nouveaux territoires, faire face au danger qui menace ce même territoire, et toujours échapper au prédateur. Ce sont nos pulsions de survie, qui ne paraissent pas toujours logiques et cohérentes à notre cerveau limbique, siège de nos émotions ainsi qu'à notre néocortex, siège de notre langage et de notre pensée.

Dans l'Eloge de la fuiteHenri Laborit exprime métaphoriquement et admirablement bien, nos deux comportements de survie: le combat ou la fuite. 
Mais si nous ne pouvons ni lutter, ni fuir, nous allons nous retrouver dans l'inhibition de l'action, sans pouvoir bouger, et ainsi attendre sous une extrême tension que le danger nous tombe dessus; c'est l'angoisse et le surstress qui nous font tomber dans le mal-être, puis dans la maladie.
Oui mais les problèmes de poids dans tout ça? J'y arrive...

Faire face aux conflits en prenant du poids

Nos conflits et nos peurs ne sont pas si éloignés de ceux des animaux: nous avons engrammés dans notre mémoire qu'être seul dans la nature équivaut à une mort certaine, ou du moins nous expose à de grands dangers.

Ainsi, les surchages pondérales sont des solutions de survie, principalement dans lessyndromes d'abandon ou de séparation. Pour nous humains, il ne fait pas de différence entre un réel abandon, comme un accouchement sous X, et un ressenti d'avoir été abandonné, délaissé ou ignoré. Cela reste la réalité de la personne qui souffre. Une séparation peut se vivre comme la perte brutale d'un être cher et protecteur, ou d'un éloignement. Etre seul au monde, sans famille, sans amis, sans travail, en marge de la société, ou ressenti comme tel.

Dans tous les cas, la personne se sent en grand danger, souvent bien plus inconsciemment qu'elle ne le soupçonne; comment un petit d'humain (tout comme d'animal), peut-il survivre loin de sa mère (vital), de son père et de la présence du clan protecteur de la famille, amis, et de toute représentation symbolique du clan? Difficilement s'entend, avec la peur de manquer de nourriture, de la sécurité d'un toit, de la protection d'un clan...

On retrouve aussi les solitudes affectives, amicales et sociales qui se caractérisent au travers d'un deuil, d'un divorce ou d'un chomâge. 
Tout ce qui crée un sentiment d'insécurité vitale, peut pousser la personne à faire des réserves, pour tenir le coup le plus longtemps possible, forcir sa silhouette pour faire face au danger, enfler comme une "grenouille", et se protéger de toute agression extérieure à l'aide de capitons graisseux protecteurs...Dans tous les cas, il faut être fort et cela résulte plus d'un comportement masculin (Yang) qui consiste à lutter, mais qui ne signifie pas qu'on le retrouve exclusivement chez les hommes, loin de là. Beaucoup de femmes sont plus yang que yin. Pousser la personne à perdre son poids, alors qu'il est une solution de survie de son cerveau reptilien, paraît bien une hérésie. Non seulement, ce poids sera retrouvé et amplifié, mais la personne se sentira de plus en plus danger, augmentant encore son mal-être et l'intensité de son conflit. Le cerveau reptilien n'a pas d'états d'âmes et surtout pas de sens esthétique! C'est un combat stérile que se livrent le néocortex, le cerveau limbique et reptilien; les enjeux sont incompatibles entre la survie, le désir d'être heureux, l'esthétisme et les diktats de la société. Avant de changer quoique ce soit à l'alimentation de la personne, il sera primordial de l'accompagner à identifier ses peurs et ses émotions, ainsi que les programmes archaïques de survie mis en place, afin de la faire cheminer. 

Quant au comportement plus Yin de certaines personnes, elles traverseront les épreuves au travers de la fuite (nécessité de rester très leste et agile), pour parfois même tendre à disparaître et échapper ainsi au danger et à toute prédation. Celles-là même qui maigrissent à vue d'oeil dés qu'elles sont stressées, et irritent tellement les autres qui grossissent, elles, à la simple vue d'un gâteau. 
Une piste à ne pas négliger dans les cas d'anorexie, maladie spécifiquement féminine; les "femelles" peuvent perdre tout attribut féminin (seins, fesses, cycle menstruel, séduction) au travers de l'anorexie, échappant ainsi au prédateur qui reste encore aujourd'hui le mâle. Que dire du viol, toujours une arme de guerre, et ce depuis la nuit des temps? Explorer ce programme archaïque de survie dans tous les cas d'anorexie est un levier puissant.

Comme on le voit, les problèmes de poids ne sont pas qu'affaire d'alimentation et demandent une synergie de processus thérapeutiques qui agiront à différents niveaux de la personne.

 

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NB: cet accompagnement ne se substitue en aucun cas à un suivi médical

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